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Pages Elèves
ayant terminé leurs humanités au Collège,
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A Pâques
déjà, on commençait à se demander
où ce flux s'arrêterait et l'on se mit à
faire de nouveaux projets d'agrandissement. Un fait pourtant
paraissait acquis: l'essor qu'avait pris la colonie durant les
années de guerre n'était pas un simple feu de brousse,
prêt à s'éteindre: D'autre part, les coloniaux
" mokè ", de six à huit ans dont la personnalité
semblait fort précoce et qui se montraient, paraît-il,
"' indomptables " au Pensionnat Albert 1er, furent
acceptés au Collège; on espérait que les
bâtiments et les "grands" en imposeraient à
ces moutards récalcitrants. Ce fut le début de
la division des tout-petits: (9) Relevons en passant une histoire
rocambolesque: une nuit le collège fut réveillé
en sursaut par un monsieur qu'on avait hébergé
à l'infirmerie et qui était devenu fou furieux.
Les Frères Maristes, qui logeaient dans les parages, eurent
fort à faire pour contenir ce gaillard dans l'infirmerie,
transformée en cabanon, où il s'amusait "
à tout casser ", (!) c'est le cas de le dire. Payant
de courage et d'audace, le P van Cutsem s'approcha
mais
en sortit aussitôt avec un il au beurre noir et les
lunettes cassées. Le lendemain, il y avait congé-extra
pour la poésie ! Pour rompre la monotonie du second trimestre,
les internes organisèrent au mois de février une
"grève de la faim" perlée: Sans faire
le moindre bruit, ils retournèrent après la prière
gentiment leur assiette et... croisèrent les bras. A quatre
heures, ils firent de même et le soir aussi Mais le lendemain,
au dîner ils déposèrent les armes... (10)
ou plutôt ils prirent d'assaut les plats de frites succulentes
qu'on avait déposés devant eux. J'entends encore
un élève traiter les autres de " lâcheurs"
tandis qu'il enfourchait en vitesse les frites, qu'il n'avait
nulle envie d'abandonner à ses voisins. (11) |